Moulin

Le moulin du prieuré, Meilh Priol, apparait dans tous les aveux du seigneur prieur de Locronan au roi, aussi bien en 1550 :
"Item le moulin dudict prieuré a son destroict situé pres et joignant la chapelle de sainct guenollay vallant de ferme par communs ans envyron cent soultz monnoye"
qu’en 1680 :
"Un moulin, crèches, jardin, issues et trois prés s’entrejoignants contenant en fond neuff journal et quart".

Le moulin du Prieuré en 1847

Le moulin du Prieuré en 1847
Arch. Dep. Finistère

Tous les habitants devaient suivre le moulin, c'est-à-dire qu'ils avaient obligation d'y faire moudre leurs grains. Il constituait l'un des principaux revenus du prieur.

En 1687 Magloire Gourmelen et Marie Seznec y demeurent, avant d’aller à Plogonnec. Dans une lettre de 1712 au procureur de l’abbaye de Quimperlé, dont dépendait le prieuré de Locronan, il est indiqué que « Corentin Morvan a le moulin pour 210 livres ».

Au cours du XVIIIe siècle, plusieurs meuniers vont s’y succéder. A chaque nouveau bail il faut faire un état des lieux, connu sous le nom de renable, qui révèle l'existence d'un moulin blanc et d'un moulin roux. Le premier servait à moudre le froment ou le sarrasin et produisait une farine plus blanche et plus fine que celle du second, consacré au seigle, à l'orge et à l'avoine. Ainsi, en 1769, François Moreau et Marie Guennal remplacent François Larvor et Anne Le Breton et font établir un "petit renable ", qui se limite au matériel contenu à l'intérieur des bâtiments1 :
"Le Moulin Blanc
La pierre tournante pierre de Champagne ayant d’epaisseur huit pouces et deux grains et de diametres cinq piers fors deux grains estimée a raison de huit livres le pouce soixante cinq livres sept sols quatre deniers .
la croix paizant quinze livres à vingt sols la livres quinze livres
le grand fer pezant trente sept livres estimé à raison de douze sols la livres
vingt et une livres quatorze sols
la roue avec touts ses autres ustancilles estimés ensemble trente six livres

Le Moulin Roux
La pierre tournante pierre de Rouen ayant de diamettre cinq pieds et d’épaisseur huit pouces et demy estimé à sept livres le pouce cinquante livres dis sols.
La grande croix estimée à raison de vingt sols la livre quinze livres.
Le grand fer pezant trente sept livres à douze sols la livre vingt une livres quatorze sols
La roue avec touts ses ustancilles estimés vingt sept livres
La grande et petite poulie estimés douze livres
Le grand et petit collés servants aux deux moulins estimés ensemble six livres un levier et un crocq de fer pezant ensemble treize livres estimés à huit sols la livres quatre livres seize sols
".

Sous la Révolution, c’est Jean Guillou qui est meunier lors de l’expertise2 et de la vente du moulin en tant que bien de l’église, en juin 1791 et juin 1792 :

"Et avenu ce jour dix juin 1791 nous dit Stephan expert nous serions rendu de nos logement jusques et au moulin à eau dit le moulin du prieuré de Locronan sur la paroisse de Locronan Saint Ronan des bois où y étant avons trouvé Jean le Guillou fermier actuel dudit moulin et dépendances lequel nous a fait la montrée tant dudit moulin que des issues et dépendances y annexés et en conséquence nous avons oppéré comme il suit cy après :
La maison à moulin avec une autre couverte de paille avec leur issues  et dépendances consistant en deux moulins l’un blanc et l’autre roux avec leurs éligements contenant sous fond desdits édifices issues et étang compris cinq cordes
sous le courtil nommé liors canap compris les édifices endroit soit dix cordes sous prateau sauvage compris édifices tant à l’exterieur qu’à l’intérieur avec les bois courant le nombre de quatre cent onze cordes
le tout tant moulin courtil et prateau prisés ensemble par le menu et en détail et trouvé monter au total à la somme de quinze cent  livres sur laquelle il y aura à déduire pour le petit renable revenant au meunier actuel la somme de trois cent livres
Et ce suivant acte de renable à mois apparu par ledit Guillou fermier actuel en date du vingt neuf septembre mil sept cent quatre vingt huit  au rapport de Leissegue et collègue nottaires à Locronan duement controllé audit Locronan le dix octobre suivant par Dumanoir pour quinze sols
".

La vente3 aura lieu un an plus tard, et après des enchères à éteinte de chandelle très disputées entre Jean Gueguen et René Helgouarch. Ce n'est qu'à l'issue du treizième feu "éteint sans enchère" que le moulin sera adjugé à René Helgouarch pour 3375 livres, soit presque trois fois la mise à prix initiale.

En 1863 le meunier est Hervé Hénaff, époux de Marie Anne Cadiou. Leurs descendants feront tourner le moulin jusqu'aux années 1980.

Notes

1 Arch. Dep. Finistère, 4 E 36 25, Procès verbal de renable entre François Larvor et femme et François Moreau et femme, 1769.
2 Arch. Dep. Finistère, 1 Q 180, Expertise du Moulin du prieuré, 1791
3 Arch. Dep. Finistère, 1 Q 183, Vente du Moulin du prieuré, 1792.