Pardons et Indulgences

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Ce document est l'annonce de la Grande Troménie de 1779, que le recteur de Locronan envoyait aux recteurs des autres paroisses, ici à celle de Telgruc : c'est en quelque sorte "l'affiche " de cette troménie de 1779, qui était sans doute lue au prône de chaque paroisse. Elle est accompagnée du texte de l'indulgence plénière qui avait été accordée par le pape en faveur de la grande Troménie. Le tout est imprimé à Quimper chez la veuve Blot, recto verso, dans une imprimerie qui datait de la fin du 17e siècle, l'une des premières de Quimper. Les conditions d'obtention de l'indulgence sont bien précisées : il faut s'être confessé et avoir communié, avoir visité l'église Saint Ronan le second dimanche de Juillet ou l'un des sept autres jours suivants, depuis les premières vêpres jusqu'au soleil couché, et faire de ferventes prières à Dieu pour l'extirpation des hérésies ; elles ne peuvent être ni achetées ni vendues, ce qui n'était pas le cas au moyen-âge. L'octroi de ces indulgences était un gage de succès pour la troménie, mais elles n'étaient accordées que pour sept ans, et il fallait les renouveler.

C'est un des rares textes imprimés des archives du prieuré de Locronan sous l'ancien régime, dont les plus anciennes datent de la fin du 16e siècle. Il ne faut pas s'en étonner car l'impression des indulgences a été utilisée par l'église au tout début de l'imprimerie par caractères mobiles de Gutenberg, qui en aurait lui-même imprimés vers 1450. On y avait aussi recours à Locronan à la fin du 16e siècle, puisqu'on lit dans les comptes à décharge de la fabrique pour l'année 1599 :

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Les imprimeries étaient encore rares en Bretagne, il n'y en avait pas à Quimper, et il fallait imprimer les pardons, ou indulgences à Nantes. L'impression coûtait 5 livres, mais il fallait aussi payer 57 sols pour les porter, et 25 sols pour les quérir. Ces pardons s'accordaient lors des processions de la fête du Saint, d'où le nom de pardon utilisé actuellement.

recu4Un siècle plus tard, en 1689, on imprime toujours ces billets, mais où ? Dans un article sur restauration de la rue Treuz à Quimper, Claude Fagnen indique que c’est François de Coëtlogon, évêque de Quimper, qui en 1692 aurait fait venir l’imprimeur nantais Jean Perrier pour créer un atelier pouvant imprimer tous les documents nécessaires au diocèse, qui allait devenir l’imprimerie Blot : c’est sa petite-fille Marie Jacquette Perier, veuve de Marin Blot, qui imprime l’indulgence de 1779.